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Parti unitaire

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Parti unitaire
Histoire
Fondation
Dissolution
1862
Successeur
Cadre
Type
SiĂšge
Pays
Organisation
Idéologie

Le Parti unitaire (en espagnol Partido Unitario) Ă©tait un parti politique argentin de tendance libĂ©rale, qui au XIXe siĂšcle proclamait la nĂ©cessitĂ© d’un gouvernement centralisĂ© sur le territoire dĂ©nommĂ© d’abord Provinces-Unies du RĂ­o de la Plata, puis, dans la DĂ©claration d’IndĂ©pendance, Provinces-Unies d'AmĂ©rique du Sud, et enfin RĂ©publique argentine. Ses principales figures sont Bernardino Rivadavia, Juan Lavalle et JosĂ© MarĂ­a Paz.

Idéologie

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Bernardino Rivadavia, prĂ©sident de l’Argentine et promoteur de l’idĂ©ologie unitaire.

L’unitarisme, dĂ©rivĂ© du centralisme de l’époque de l'indĂ©pendance et du modĂšle d’État centralisĂ© mise en Ɠuvre par la France napolĂ©onienne, considĂ©rait que la nation prĂ©existait aux provinces, et que celles-ci n’étaient autres que de simples subdivisions internes dotĂ©es d’une autonomie limitĂ©e.

Le groupe des unitaires se composait en majoritĂ© des Ă©lites tant de Buenos Aires que des capitales provinciales (membres des couches sociales supĂ©rieures, intellectuels, militaires, etc.) et ne bĂ©nĂ©ficiait en revanche que de peu d’adhĂ©sion parmi la population rurale, plus rĂ©ceptive au discours des caudillos[1].

L’unitarisme se profila en tant que parti lors des travaux de l’AssemblĂ©e constituante (Congreso Constituyente) de 1824, dans laquelle les reprĂ©sentants de toutes les provinces s’appliquaient Ă  organiser un gouvernement national. Les unitaires s’évertuaient Ă  ce que Buenos Aires fĂ»t la tĂȘte et la capitale du pays, attendu que cette ville Ă©tait celle dotĂ©e des plus importantes ressources Ă©conomiques et la mieux prĂ©parĂ©e aux fonctions de gouvernement, et que c’était elle qui avait hĂ©ritĂ© de l’appareil administratif colonial de l’ancienne Vice-royautĂ© du RĂ­o de la Plata[2]. Aux yeux des unitaires, le plus logique Ă©tait donc d’établir Ă  Buenos Aires un gouvernement national habilitĂ© Ă  prendre toutes les dĂ©cisions, et auquel les gouvernements provinciaux fussent subordonnĂ©s. L’appellation unitaires provient de l’expression « dans l’unitĂ© de rĂ©gime Â» (esp. en unidad de rĂ©gimen), qui figure dans la Constitution de 1826, et rĂ©sume le postulat unitaire fondamental selon lequel la nation prĂ©existait aux provinces. Ces positions mettaient le Parti unitaire en conflit avec les partisans du fĂ©dĂ©ralisme.

Sur le plan Ă©conomique, les unitaires prĂŽnaient le libĂ©ralisme et le libre-Ă©change comme instruments de progrĂšs. Ils entendaient moderniser le systĂšme financier par la crĂ©ation d’une banque Ă©mettrice de papier-monnaie et par la souscription d’emprunts pour l’exĂ©cution de travaux publics, et prĂ©conisaient que le gouvernement national dĂ©tĂźnt toutes les ressources et prĂ©rogatives Ă©conomiques, et que, donc, en fussent privĂ©es les provinces. Ainsi par exemple les douanes interprovinciales furent-elles abolies pendant la prĂ©sidence de Rivadavia et les gisements miniers passĂšrent-ils Ă  l’État national, mesure par laquelle les provinces se trouvĂšrent frustrĂ©es de cette source de revenus[3].

Le dessein des unitaires Ă©tait d’impulser puissamment le progrĂšs du pays, cependant sans avoir Ă©gard aux tendances traditionalistes et conservatrices, ce qui leur valut une forte opposition de la part du clergĂ© argentin[4], des caudillos et de la majoritĂ© des gouverneurs de province, qui voyaient menacĂ©e leur influence politique et attisaient le mĂ©contentement de la population rurale contre les rĂ©formes proposĂ©es par les unitaires. La lutte pour le pouvoir entre unitaires et fĂ©dĂ©ralistes allait ĂȘtre tranchĂ©e par la force des armes lors de divers affrontements rĂ©gionaux et, enfin, lors de la guerre de 1828-1831.

Antécédents

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L’autoritĂ© coloniale espagnole une fois disparue Ă  la suite de la RĂ©volution de Mai (1810), un gouvernement centralisĂ© fut constituĂ© dans la ci-devant Vice-royautĂ© du RĂ­o de la Plata, Ă  Buenos Aires. Ce gouvernement national entra en conflit avec les mouvances fĂ©dĂ©ralistes de la Ligue des Peuples libres (esp. Liga de los Pueblos Libres) dirigĂ©e par JosĂ© Gervasio Artigas et avec les caudillos rĂ©gionaux, qui Ă©taient leurs alliĂ©s. En 1820, Artigas et ses alliĂ©s affrontĂšrent victorieusement le gouvernement national menĂ© par JosĂ© Rondeau, Directeur suprĂȘme des Provinces-Unies du RĂ­o de la Plata. Cet Ă©vĂ©nement permit aux anciens gouvernorats d’intendance de l’époque vice-royale de prendre leur autonomie, ce qui donna lieu Ă  la crĂ©ation de treize provinces. Celle de Buenos Aires, qui disposait des ressources les plus importantes, prospĂ©ra rapidement, n’étant pas tenue en effet de soutenir avec ces ressources un gouvernement national. Entre-temps, dans les provinces, s’accroissait la pression pour organiser un nouveau gouvernement national d’empreinte fĂ©dĂ©raliste, respectant les autonomies provinciales.

À la direction des affaires

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En 1824, les treize provinces envoyĂšrent des dĂ©putĂ©s Ă  un CongrĂšs national (Congreso Nacional), lequel dĂ©cida de crĂ©er un pouvoir exĂ©cutif de type prĂ©sidentiel. Fut alors Ă©lu Bernardino Rivadavia, figure reprĂ©sentative du parti unitaire, qui avait dĂ©jĂ  accompli une Ɠuvre politique progressiste dans la province de Buenos Aires. Rivadavia et ses partisans idĂ©ologiques tentĂšrent d’imposer la forme unitaire, et obtinrent que le CongrĂšs rĂ©digeĂąt une constitution qui imposait des restrictions Ă  l’autonomie des provinces. La dĂ©nommĂ©e Constitution unitaire de 1826 fut cependant repoussĂ©e par les gouverneurs de province, ce qui provoqua une crise politique, encore aggravĂ©e par la dĂ©claration de guerre de l’Empereur du BrĂ©sil dans le cadre du contentieux sur la Bande Orientale.

La guerre contre le BrĂ©sil, dite Guerre de Cisplatine, motiva la mise sur pied d’une armĂ©e argentine, Ă  laquelle toutefois les provinces refusĂšrent de contribuer, particuliĂšrement aprĂšs que le gĂ©nĂ©ral La Madrid eut utilisĂ© un certain nombre de contingents de ladite armĂ©e pour battre le gouvernement de la province de TucumĂĄn. Cette circonstance, Ă  quoi s’ajoutaient d’autres mesures prises, notamment la loi de 1826, dite Ley de capitalizaciĂłn de Buenos Aires, proclamant Buenos Aires capitale, renforcĂšrent le discrĂ©dit de Rivadavia. Finalement, celui-ci se vit obligĂ© de dĂ©missionner aprĂšs que son Ă©missaire Manuel JosĂ© GarcĂ­a eut signĂ© avec le BrĂ©sil une paix dĂ©savantageuse. Une nouvelle fois, les provinces se dĂ©clarĂšrent autonomes, investissant en 1827 Manuel Dorrego gouverneur de la province de Buenos Aires.

La Guerre civile de 1828-1831

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Francisco Narciso de Laprida, prĂ©sident du CongrĂšs de TucumĂĄn, lequel proclama l’indĂ©pendance en 1816. Plusieurs annĂ©es plus tard, il adhĂ©ra au Parti unitaire, ce qu’il paya de sa vie.

Dorrego, chargĂ© des affaires Ă©trangĂšres pour le compte de l’ensemble des provinces argentines, se vit empĂȘchĂ© de poursuivre la guerre contre le BrĂ©sil et signa la Convention prĂ©liminaire de Paix (1828), qui consacrait l’indĂ©pendance de la Bande Orientale. Les plus hautes personnalitĂ©s du parti unitaire tirĂšrent alors parti du mĂ©contentement des chefs militaires Ă  propos de cette paix et provoquĂšrent une rĂ©volution en , qui aboutit Ă  la dĂ©faite et Ă  l’exĂ©cution du gouverneur Dorrego. Le gĂ©nĂ©ral Lavalle, proclamĂ© gouverneur de Buenos Aires Ă  la suite d’élections trĂšs entachĂ©es d’irrĂ©gularitĂ©s, dut affronter les attaques de milices provinciales du camp fĂ©dĂ©raliste. D’autres troupes nationales soulevĂ©es, commandĂ©es par le gĂ©nĂ©ral JosĂ© MarĂ­a Paz, dominaient la province de CĂłrdoba, tandis que d’autres provinces du nord se revendiquaient Ă©galement du camp unitaire : toutes se constituĂšrent en une ligue, dite Ligue de l’IntĂ©rieur, qui s’affronta aux provinces dominĂ©es par le Parti fĂ©dĂ©raliste.

La guerre entre fĂ©dĂ©ralistes et unitaires s’acheva en 1831 par la dĂ©faite de ces derniers. Le commandant de milices de Buenos Aires, Juan Manuel de Rosas, fut Ă©lu gouverneur et les provinces retrouvĂšrent l’exercice de leurs autonomies.

Déclin du Parti unitaire

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Rosas, gouverneur fĂ©dĂ©raliste de Buenos Aires, s’empara de la totalitĂ© du pouvoir politique (esp. suma del poder pĂșblico) en 1835. DĂ©buta alors une pĂ©riode de dĂ©clin et de repliement du parti unitaire, dont les principales figures durent s’exiler vers les pays voisins, Ă  partir desquels ils ne cessĂšrent de conspirer contre le pouvoir en place. Bien qu’autonomes, les provinces Ă©taient en situation d’infĂ©rioritĂ© face Ă  Buenos Aires, dĂ©tentrice de ressources plus importantes, ce qui permit Ă  Rosas d’imposer dans les provinces des gouverneurs qui lui fussent dĂ©vouĂ©s et de rĂ©primer les dissidences politiques. Les unitaires Ă©migrĂ©s furent rejoints en exil par les fĂ©dĂ©ralistes opposĂ©s Ă  Rosas, puis par les jeunes rĂ©unis dans le groupe d’intellectuels et artistes dĂ©nommĂ© GĂ©nĂ©ration de 37 (esp. GeneraciĂłn del 37)[5]. Tous ces groupes, qu'unissait une commune opposition Ă  Rosas, conspirĂšrent dans les guerres civiles qui jalonnĂšrent le deuxiĂšme quart du XIXe siĂšcle en Argentine.

Rosas unifia de fait les treize provinces, les intĂ©grant dans la ConfĂ©dĂ©ration argentine, Ă  la tĂȘte de laquelle se plaçait Rosas, quoique sa fonction nominale Ă©tait celle de gouverneur de Buenos Aires. Pour maintenir cette unitĂ©, il rĂ©primait durement les dissidences politiques et accusait tous les opposants d’ĂȘtre des unitarios.

Progressivement, les vieilles personnalitĂ©s du parti unitaire perdirent de leur influence, car se trouvant exclues, de par leur exil, de toute participation Ă  la vie politique. Les jeunes de la GĂ©nĂ©ration de 37[6] ne sympathisaient pas davantage avec eux, car ils les considĂ©raient comme des reprĂ©sentants d’une simple faction dont le stade politique Ă©tait dĂ©passĂ©. Les rĂ©bellions et guerres qui se succĂ©dĂšrent au sein de la ConfĂ©dĂ©ration ne se dĂ©clenchaient pas autour d’objectifs unitaires, mais Ă©taient motivĂ©es par l’antirosisme et par le dĂ©sir de crĂ©er un État national sur base fĂ©dĂ©raliste qui organisĂąt le partage des ressources supĂ©rieures de Buenos Aires avec les provinces et respectĂąt les autonomies provinciales. Ces idĂ©aux avaient Ă©tĂ© proclamĂ©s dans le Pacte fĂ©dĂ©ral de 1831 Ă  la suite de la dĂ©faite des forces unitaires, mais aux yeux de Rosas, la ConfĂ©dĂ©ration argentine reprĂ©sentait un systĂšme politique appropriĂ© qu’il n’y avait pas lieu de modifier.

Drapeau des exilĂ©s unitaires Ă  Montevideo (favorables au gouvernement dit de la DĂ©fense), utilisĂ©e jusqu’à 1852 comme pavillon dans la marine marchande.
Drapeau argentin des exilĂ©s unitaires Ă  Montevideo, utilisĂ©e jusqu’à 1852 comme pavillon dans la marine de guerre.

Finalement, le gouverneur de la province d'Entre RĂ­os, Justo JosĂ© de Urquiza, dĂ©clara ouvertement son opposition Ă  Rosas et abolit la devise « Que meurent les sauvages unitaires Â» (Mueran los salvajes unitaires, devise imposĂ©e par Rosas), pour la remplacer par la devise « Que meurent les ennemis de l’organisation nationale Â». Firent alliance avec lui les vieux politiciens unitaires[7], le BrĂ©sil, et les colorados d’Uruguay ; leurs troupes coalisĂ©es vainquirent les portĂšgnes de Juan Manuel de Rosas lors de la bataille de Caseros, Ă  peu de kilomĂštres Ă  l’ouest de Buenos Aires, le . À l’issue de cette bataille, Rosas, ayant abandonnĂ© le combat, chercha refuge dans la maison du consul de Grande-Bretagne, puis s’en alla en exil en Angleterre.

Un CongrĂšs de toutes les provinces, convoquĂ© en 1853, rĂ©digea une constitution nationale, qui proclama l’Argentine RĂ©publique fĂ©dĂ©rale.

Vexillologie et signes distinctifs

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Les unitaires utilisaient pour leurs drapeaux, cocardes et blasons une couleur bleu ciel trĂšs pĂąle combinĂ©e au blanc, et proscrivaient la couleur rouge (appelĂ©e colorado ou ponceau, en esp. punzĂł), la seule exception Ă©tant le bonnet phrygien du blason ― ce rejet du rouge n’empĂȘcha pas les unitaires de faire alliance avec les colorados de l’État Oriental de l’Uruguay. L’autre couleur emblĂ©matique des unitaires Ă©tait le vert. Les signes distinctifs des unitaires concernaient jusqu’à la taille de la barbe : soit les unitaires se rasaient la barbe pour ne garder que de petits favoris, soit ils se la laissaient pousser en forme de U sans moustaches.

Références

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  1. ↑ AlĂ©n Lascano, Luis. CitĂ© par Lafforgue, Jorge (2002) Historias de Caudillos Argentinos. Éditions Punto de Lectura. (ISBN 987-20020-5-3)
  2. ↑ L’historien FĂ©lix Luna soutient que ce fut une des raisons pour lesquelles les provinces dĂ©lĂ©guĂšrent ensuite, jusqu’à 1852, la charge des affaires Ă©trangĂšres Ă  la personne du gouverneur de Buenos Aires. (Luna, FĂ©lix (1993) Argentina se hizo asĂ­. AgrupaciĂłn de Diarios del Interior. 1re Ă©dition.)
  3. ↑ . En particulier, Rivadavia nationalisa les mines du Cerro Famatina, dans l’exploitation de laquelle Juan Facundo Quiroga avait des intĂ©rĂȘts Ă  titre d’actionnaire. Ce fait acheva d’orienter le caudillo de La Rioja contre la faction de Rivadavia (Silvia Ratto. CitĂ© dans Lafforgue, Jorge (2002) Historias de Caudillos Argentinos. Éditions Punto de Lectura. (ISBN 987-20020-5-3))
  4. ↑ Le clergĂ© Ă©tait fort mĂ©content des rĂ©formes religieuses de Rivadavia, qui visaient Ă  instaurer la libertĂ© de culte en Argentine. Sarmiento rapporte que le chanoine Castro Barros prĂȘchait contre la rĂ©forme, « attisant les passions populaires contre Rivadavia et la rĂ©forme, et aplanissant les voies Ă  des bandits tels que Quiroga et d’autres, qu’il appelait les MaccabĂ©es Â». Domingo Faustino Sarmiento. Souvenirs de province, Santiago du Chili, 1850
  5. ↑ Sous le rĂ©gime rosiste, un groupe de jeunes intellectuels, fondĂ© en 1837 et dĂ©nommĂ© Association de la Jeune GĂ©nĂ©ration argentine (en esp. AsociaciĂłn de la Joven GeneraciĂłn Argentina, mieux connue comme la Joven Argentina, ou GĂ©nĂ©ration de 37) se rĂ©unissait Ă  Buenos Aires pour dĂ©battre de sujets culturels, sociaux et politiques.
  6. ↑ Cette association, qui devait promptement se joindre aux groupements d’opposants Ă  Rosas, avait pour devise Nada de federales o de unitarios: la libertad de la Patria (Ni fĂ©dĂ©ralistes ni unitaires : la libertĂ© de la Patrie). Luna, FĂ©lix (1995) Historia Integral de la Argentina. Buenos Aires, 1re Ă©dition.
  7. ↑ « Les unitaires se rangĂšrent sous la banniĂšre d’Urquiza car ils voyaient en celle-ci une probabilitĂ© quasi certaine de retourner dans leur patrie et de gouverner dans leur pays, ce qu’ils n’auraient pu obtenir d’autre maniĂšre. Â» Cisneros, AndrĂ©s et EscudĂ©, Carlos (1998) Historia General de las Relaciones Exteriores de la RepĂșblica Argentina. Buenos Aires, 1re Ă©dition

Corrélats

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Bibliographie

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  • (es) Julio Godio, Unitarios y federales, Granica, , 196 p.

Liens externes

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  • Notice dans un dictionnaire ou une encyclopĂ©die gĂ©nĂ©ralisteVoir et modifier les donnĂ©es sur Wikidata :